Réflexion – 1

Il y a plusieurs manières d’animer une table de jeu de rôle. Deux maîtres du jeu animant une même table, une même partie, ne procéderons pas de la même manière. Lorsque l’on commence à animer, rapidement on découvre une manière de procéder qui est à la fois influencée par les Maîtres du Jeu qui nous ont animer et par notre propre personnalité, ou dans le cas d’un Maître du jeu sans expérience en tant que joueur, sa perception de ce qu’est une table de JDR sera sa base. Mais y a-t-il une bonne manière de faire ? Si certains MJ ont une vision parfois très stricte sur la manière d’animer et sur les recommandations à suivre, je me situe sur une vue beaucoup libre, pas toujours appréciée par les MJ plus hardcore. Pour moi, l’expérience vécue par les joueurs priment sur les règles. Vous vous souvenez de ce passage dans Pirates des Caraïbes où les moussaillons décrivent le Code des Pirates comme étant plus une sorte de guide ? C’est ma vision des règles d’un JDR. C’est un guide, une proposition de règles sur lesquelles se baser mais que l’on peut enfreindre selon notre vision du JDR et surtout pour que l’expérience de jeu soit la meilleure pour le joueur. Mais pour déduire qu’elle sera l’expérience optimale de ceux-ci, il faut se poser certaines interrogations.

Quelles sont les attentes des personnes à la tables qui vont participer à la partie ? Il s’agit de la question la plus importante à se poser pour la préparation d’une bonne partie de jeu de rôle. Généralement, les joueurs qui viennent à mes tables viennent pour passer un moment agréable où ils peuvent rêver, créer leur propre aventure dans un monde imaginaire où tout est possible. Chaque Maitre du jeu a sa manière différente d’animer et la mienne est de concentrer mon attention sur l’univers et sa création et de le faire évoluer au fil des aventures en l’adaptant aux attentes de chaque joueurs. C’est, selon moi, la beauté du jeu de rôle. A l’ère des technologies et où la société nous rappelle en permanence à nous même, quatre à six personnes sont capable de se retrouver pour vivre une aventure qu’ils racontent ensemble et arrivent à imaginer des lieux similaires. Dans cette « connexion » de l’imaginaire ils vivent des aventures qui leur procure joie et un accomplissement similaire à celui qu’ils peuvent ressentir dans leur quotidien quand ils réussissent quelques choses. Animer une table de jeu de rôle requiert une série de Règles qui vont permettre de régulariser les actions des joueurs et leur fournir les bons outils à cet égard. Il existe un nombre incalculable de règles différentes qui accentuent des points particuliers. Certaines diminuent l’aspect physique des lancements de Dé pour effectuer des actions, d’autres s’en passent totalement, et d’autres encore établissent un véritable thésaurus de chaque actions possibles et imaginables. De mon coté, après plus de dix ans d’animation, j’ai fini par faire un constat en lien avec mon animation. Ce qui compte, ca n’est pas d’optimiser le système mais de ramener l’attention sur ce qui importe vraiment : le joueur, l’histoire, son implication et ce que cela lui procure.

Alors, des systèmes de règles, il y en as des tonnes et il peut être déstabilisant d’en choisir un en particulier. Personnellement, cela peut paraître peu original mais j’ai grandi avec le système de D&D qui certes est plus connu comme un système assez lourd coté lancé de dé mais qui m’apparaît comme un système que je maîtrise assez et qui me paraît facilement adaptable. Je me doute qu’il doit exister un système plus léger, plus simple, mais ma simplicité vient de mon confort avec ce système et je pense avoir réussi à le rendre plus facile d’accès auprès de mes joueurs. Le tout est de savoir adapté et voguer sur la tolérance et la capacité des joueurs à se plier à des règles plus simple allant en adéquation avec leurs envies concernant la partie.

Du coup, selon les différentes attentes des joueurs, il est plus simple de déterminer quelles sont les règles qui nécessites un plus grands suivi par rapport à d’autres. Mes joueurs aiment un coté épique sans pour autant avoir une tonne de jet de dé à lancer. D’autres aiment la magie et des objets/sorts extraordinaire, parfois loufoque, qui exigent un travail de création de mon coté pour sortir de l’ordinaire et du classique de certains manuels de règles. D’autres désirent des combats et de quoi optimiser leur personnages. Et encore d’autres se fichent complètement de tout cela et ne désire qu’une chose, un récit qui les transporte et qui leur permettent d’évoluer.

Il est donc essentiel, avant la création d’une partie, d’entamer une discussion avec les joueurs et ce même au fil des parties car leurs attentes évoluent au cours de la partie. La gestion et création d’une partie ne se fait pas uniquement par le Maître du Jeu mais également avec les joueurs qui viennent ajouter de la personnalité et de la profondeur.

Préambule

Tout les mois, si nous avons la chance de trouver un créneau qui nous satisfasse tous, nous nous réunissons mes joueurs et moi pour pratiquer notre passion, le jeu de rôle. Cette pratique qui autrefois était mal vue par les médias se démocratise de plus en plus que ce soit par le biais des médias (Stranger Things, Dungeon and Dragons : Honor Among Thives, les jeux vidéos et par ce qui a toujours fonctionné depuis la nuit des temps, le bouche à oreille. Au vu de la difficulté que nous éprouvons tous à accepter les difficultés de la vie, il n’est pas surprenant que les gens ai de plus en plus besoin de s’échapper au métro boulot dodo par tout les moyens possible.

Pouvoir incarner un personnage qui diffère ou non de ce que nous sommes et accomplir des choses qui nous sont impossibles dans nos vies, est une chance incroyable. C’est ainsi que tout les mois, par chance, des rôlistes partout dans le monde se réunissent autour d’une table pour vivre des aventures hors du commun.

Pour le déroulement d’un jeu de rôle, il faut d’abord des joueurs. Ceux qui incarneront et seront au centre de l’histoire sont les joueurs. Armés de dés, de crayons et de gommes et d’une fiche de personnage qui leur permettent de garder à l’œil ce dont leur avatar est capable d’accomplir, ils se retrouvent autour d’une table pour vivre une histoire interactive. Le coté incroyable du jeu de rôle, c’est que tous évoluent dans un monde imaginaire qui grandit et évolue dans leurs esprit. Malgré quelques accessoires pour faciliter l’imaginaire, les joueurs partagent la même idée, la même vision du récit. Une cohésion parfaite, difficile à mettre en place qui repose essentiellement sur la capacité de celui qui le dirige à mettre les bons mots pour que ceux ci se transforment en images communes dans les esprits de chacuns.

C’est là qu’intervient le Maître du Jeu, et depuis plus de dix ans, c’est le rôle que j’ai dans cette passion. Le rôle du Maître du Jeu (souvent raccourci en MJ, PJ pour les joueurs), n’est pas le plus simple. Même s’il est celui qui est souvent établi comme le « Chef » à table, il n’en reste pas moins un joueur qui est soumit à tout un tas de règle. Si nous devions comparer le Jeu de rôle à un jeu de société comme le Monopoly, le MJ est à la fois le plateau de jeu, les règles, la boite du jeu et la banque. Il passe son temps à expliquer les cartes caisses de communautés, les cases de lieu, distribuer les billets et appliquer la loi lorsqu’elle est nécessaire. Le MJ met en place l’univers dans laquelle l’aventure prend lieu, raconte les évènements qui se déroulent mais aussi réagit aux actions des joueurs en conséquences. Aussi difficile à concevoir soit-il, outre les règles du jeu qui se doivent un minimum stricte pour proposer un cadre stable de ce qui est possible ou non à portée des joueurs, l’établissement de l’aventure et le déroulement de la partie incombe au MJ de flexibilité et d’une capacité d’adaptation du MJ. Car si les règles sont précises, les choix et les actes du joueurs ne le sont guère.

Autrefois joueurs, j’ai rapidement délaissé ma place d’acteur au sein d’une partie pour préférer m’atteler à la création d’univers de jeu et l’épanouissement des joueurs. Être MJ n’est pas une mince affaire. Si un joueur peut se permettre de mettre de coté son personnage entre chaque partie, un MJ continue de travailler et de créer entre chaques sessions. C’est un travail journalier. Les univers créés et dans lesquels les joueurs évoluent continuent de grandir et de vivre dans l’esprit du MJ tout au long des jours et semaines qui séparent chaque partie.

Chaque MJ a sa propre manière de travailler. Je me considère comme étant un MJ qui fait de la vulgarisation de Jeu de rôle. Suivre des règles à la lettre n’est pas mon point fort. Par contre, créer un univers qui permet à mes joueurs de s’épanouir et de trouver ce petit plaisir qu’il cherche, car ce plaisir est différent chez chacun, est ce qui fait ma force de MJ. C’est justement pour cette raison principalement que j’ai décidé de m’atteler à la création de ce « Blog ».  Cela fait un moment que dans mon entourage, des amis se lancent dans cette passion qu’est l’animation de groupe de JDR et que des questions me sont posées  « Comment dois-je réagir en cas d’imprévu ? », « Quel logiciel utilise-tu pour la création de tes cartes ? », etc. C’est ainsi que j’en suis venu à la conclusion qu’il peut être intéressant de partager certains de mes processus de création, de comment réagir à certains situations, d’amener des pistes sur les différents outils à disposition des MJ. Je ne me considère pas comme maître dans la matière mais reste dans l’idée que toute aide est bonne à prendre. Si mes futurs articles peuvent faciliter la préparation de parties, ne serait-ce que qu’un peu de réflexion de certains MJ, alors je pourrais m’estimer heureux et mon objectif accompli.

Au plaisir de partager tout cela avec vous.

Praxit